Non classifié(e) Marché financier - 06/2021

La poussée d’inflation actuelle est passagère

S’il y a un chiffre macro-économique à suivre de près, c’est bien le taux d’inflation. Il serait exagéré de le qualifier d’essentiel, mais il est de loin le chiffre macroéconomique le plus important de la longue série de statistiques qui nous parviennent quotidiennement.

Le niveau d’inflation détermine, en effet, ce-lui du taux directeur de la banque centrale. Ce dernier influence à son tour – selon les normes conventionnelles – le niveau de l’activité économique, et donc, la croissance ou la baisse des bénéfices des entreprises. C’est pourquoi, la récente annonce de la Banque centrale américaine (Fed) de relever les taux d’intérêt de 0,50 % en 2023 a fait autant de bruit. Même si une hausse des taux de 0 à 0,50 % n’est pas fondamentalement une mauvaise nouvelle, la déclaration a été un peu surprenante et il fallait la clarifier.

L’inflation est l’augmentation en pourcentage du prix d’un panier de biens de consommation et de services sur l’année écoulée. Ce panier de biens de consommation et de services est appelé l’indice des prix à la consommation (CPI). Le Graphique 1 montre l’inflation en fonction de l’évolution de l’indice des prix à la consommation américain (CPI) et de l’indice des prix à la consommation américain hors alimentation et énergie depuis 1980. L’inflation est actuellement de 5 % (corrigée pour les prix de l’alimentation et de l’énergie, elle est de 3,8 %). Nous connaissons rarement de telles poussées d’inflation. Depuis 1990, elles se sont également avérées éphémères.

Les mesures conventionnelles n’ont pas suffi à relancer la conjoncture à la suite des conséquences déflationnistes exceptionnel- lement graves de la crise systémique de 2009. Les banques centrales se sont alors lancées dans une politique non conventionnelle d’assouplissement quantitatif qui a consisté à racheter de grandes quantités d’obligations dans le secteur privé, ce qui a (1) fourni d’abondantes liquidités au système financier et (2) fait baisser les taux d’intérêt à long terme, lesquels sont restés bas.

Au cours des dix dernières années, les banques centrales ont ainsi créé des milliers de milliards d’argent supplémentaire. Alors que les monétaristes des années 1980 partaient encore du principe que la création d’argent supplémentaire entraînait assurément une hausse de l’inflation, nous ne voyons pas cela se produire aujourd’hui. Au contraire, nous n’avons pratiquement pas connu d’inflation au cours des dix dernières années.

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Au cours des dix dernières années, les banques centrales ont ainsi créé des milliers de milliards d’argent supplémentaire.


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