Marché financier - 10/2026

Entre inflation, taux d’intérêt et IA

Laurence De Munter, CFA

La croissance des bénéfices soutient les marchés actions, mais tous les bénéfices ne se valent pas
L’inflation revient au centre de l’attention. Le conflit entre les États-Unis et l’Iran se prolonge au-delà des prévisions. Depuis le début de l’année, les prix du pétrole et du gaz ont fortement augmenté. Cette évolution a un impact important sur l’inflation en Europe et aux États-Unis, qui repart à la hausse et s’éloigne davantage de l’objectif de 2 % fixé par les banques centrales.

La persistance d’une inflation élevée a incité la BCE et la Réserve fédérale américaine à relever de nouveau leurs taux directeurs. Cette situation est généralement défavorable aux marchés financiers. La hausse des taux pèse sur la valeur des obligations existantes, renchérit les coûts de financement et peut freiner la croissance économique. Pour les actions, des taux plus élevés impliquent une actualisation plus sévère des bénéfices futurs. Une forte croissance des bénéfices peut toutefois compenser en partie cet effet.

L’inflation ne freine pas seulement la croissance : elle exerce également une pression à la hausse sur le coût de l’emprunt. Les banques centrales fixent les taux directeurs, tandis que le marché détermine dans une large mesure les taux d’intérêt à plus longue échéance. Dans un contexte de hausse de la dette publique, les investisseurs obligataires peuvent exiger une rémunération plus élevée pour prêter aux États.

Les pays occidentaux tels que les États-Unis, la France et la Belgique sont confrontés à des coûts de financement plus élevés. Ainsi, le gouvernement américain consacre environ 1 200 milliards de dollars par an au paiement des intérêts sur sa dette. Ce montant est environ deux fois supérieur à celui d’il y a cinq ans et dépasse désormais le budget total de la défense américaine.

L’une des solutions dont disposent les États fortement endettés pour gérer leur dette consiste à recourir à la répression financière. Celle-ci consiste à maintenir les taux d’intérêt à un niveau inférieur à celui de l’inflation pendant une période prolongée. Le taux d’intérêt réel devient alors négatif : les épargnants et les
détenteurs d’obligations perçoivent certes des intérêts, mais perdent du pouvoir d’achat lorsque l’inflation est supérieure à ces derniers. En Europe, nous observons actuellement une situation dans laquelle les taux directeurs sont déjà inférieurs à l’inflation.

L’inflation et l’augmentation de la dette publique ont contribué à la hausse des taux d’intérêt, mais un troisième facteur entre également en jeu : une croissance économique plus forte.

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Laurence De Munter

L’inflation et l’augmentation de la dette publique ont contribué à la hausse des taux d’intérêt, mais un troisième facteur entre également en jeu : une croissance économique plus forte.


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