Interview - 05/2023

Univercells – la société belge dédiée à la démocratisation mondiale de vaccins

Par Laurence De Munter

En 2013 UNIVERCELLS a été cocréée par Hugues Bultot et José Castillo. Cette entreprise de biotechnologie, située à Gosselies, a pour vocation de rendre les vaccins et autres médicaments biologiques accessibles à tous en développant des technologies et des services innovants. Leur innovation continue dans les domaines de la biotechnologie, des bioprocédés et de la biofabrication ne s’arrête jamais. Ils sont constamment à la recherche de moyens nouveaux et durables pour élargir l’accès à ces médicaments qui sauvent des vies. Univercells nous a gentiment accordé une interview.

Comment est née et quelle est la mission d’UNIVERCELLS ?
Notre mission consiste à rendre les médicaments biologiques accessibles à tous, tant en termes de prix que de qualité. Notre mission est née d’une constatation sur le terrain : de nombreuses personnes dans de nombreux pays n’ont pas les moyens d’acheter les médicaments dont ils ont besoin. Il ne suffit pas qu’un médicament existe. Pour changer le monde, il doit être accessible à tous. Nous voulons changer le modèle existant au profit d’un business model plus innovant, flexible et égalitaire. Nous faisons cela en mettant à disposition des technologies moins coûteuses, plus petites, avec une empreinte réduite, qui permettent une production et installation locale dans des pays émergeants. Nous mettons aussi à disposition des capacités de recherche et de production de vaccins à grande échelle à Jumet. Et nous sommes également présents sur le terrain en proposant des formations en biotechnologie pour renforcer les compétences et l’autonomie locales.   

Nous pensons que nos partenaires locaux ont le droit de contrôler leur propre approvisionnement en médicaments. Avec nos technologies et services, ils peuvent produire le bon vaccin ou médicament au bon moment. 

Aujourd’hui, Univercells est une véritable success story wallonne. Comment s’est déroulé votre parcours depuis vos débuts ? Quels objectifs avez-vous atteints ? Et quel bilan pouvez-vous en retirer ?
Depuis notre création, la société a beaucoup grandi et nous comptons aujourd’hui plus de 500 collaborateurs répartis dans cinq filiales. Nos installations sont présentes partout dans le monde et au fil des années, nous avons réussi à attirer des investisseurs de renom. Globalement, nous sommes satisfaits du chemin parcouru mais notre mission « biologics for all » nous impose des remises en question constantes. Nous continuerons à œuvrer, chaque jour, pour la réaliser et nous adapter aux réalités du moment. 

Quel impact a eu la Covid sur votre activité ? Vous a-t-elle donné un coup d’accélérateur ?
Oui, très certainement. La crise Covid a mis en lumière ce pourquoi nous œuvrons au quotidien : nous ne sommes pas égaux face à l’accès aux soins de santé. L’Afrique, un continent avec lequel notre filiale Unizima travaille beaucoup, en a fait les frais. Encore aujourd’hui, 3 ans après le début de la pandémie, une minorité de personnes ont été vaccinées contre le Covid-19 sur le continent, et 99% de leurs vaccins sont importés. La crise sanitaire nous a permis d’accélérer le développement de nos activités, car il est devenu évident, aux yeux de tous, que le modèle actuel de production de vaccins avait laissé des millions de personnes de côté pendant la pandémie. Nous pensons que nos partenaires locaux ont le droit de contrôler leur propre approvisionnement en médicaments. Avec nos technologies et services, ils peuvent produire le bon vaccin ou médicament au bon moment. 

La volonté du gouvernement De Croo est de positionner la Belgique en tant que centre d’excellence dans la biotech. Quelle carte pouvez-vous jouer à ce niveau-là ?
La Belgique possède un secteur pharmaceutique florissant et se positionne de plus en plus comme une référence en matière de biotechnologie. Notre situation géographique et la qualité de nos formations universitaires jouent un rôle, des deux côtés de la frontière.  Ces dernières années, la Belgique a démontré son leadership et son expertise en matière de santé et d’innovation. En tant que société wallonne, nous sommes ravis de faire partie de cet écosystème et nous mettons tout en œuvre pour faire face aux challenges que le secteur représente : former et attirer les bons talents tout en restant innovants.   

Vous avez récemment levé 44 millions d’euros d’investisseurs de renom. Pouvez-vous nous en dire plus ? Et comment parvenez-vous à les attirer ?
La Fondation Bill & Melinda Gates nous suit depuis nos débuts, mais ce ne sont pas les seuls. Depuis plusieurs années, nous sommes soutenus par de solides investisseurs locaux et mondiaux dont Takeda Ventures, Global Health Investment Fund, Adjuvant Capital ou des fonds apparentés à la fondation Soros, mais aussi des fonds publics belges et régionaux. La plupart de nos projets d’innovation sont soutenus par des fondations axées sur l’impact ainsi que par l’écosystème belge et tous visent un soutien à long terme à notre société et sont en phase avec notre mission de rendre les médicaments biologiques accessibles au plus grand nombre de personnes.

Avez-vous l’intention d’entrer en bourse ?
Nous ne fermons pas la porte à cette option-là. Une cotation au Nasdaq fait partie de nos projets, mais ce n’est pas une priorité dans les mois à venir. 

Comment intégrez-vous les valeurs ESG au sein de votre entreprise ?
Le développement durable est intégré dans les opérations quotidiennes d’Univercells, supervisé par notre Sustainability Committee créé en 2019. Univercells entend mener une activité entrepreneuriale responsable et sociale. Elle impacte directement 4 des 17 objectifs de Développement Durables de l’ONU (Figure 1).

Quelles sont vos ambitions à CT et à MT ?
Grandir, et nous internationaliser davantage. Cela passe par notre marché, qui est mondial. Nos technologies sont utilisées par des sociétés bio-
pharmaceutiques présentes dans le monde entier. Nos systèmes sont installés dans près de 20 pays en Europe, aux Etats-Unis, en Asie et en Afrique. Avec l’acquisition de Synhelix (une société française) début 2022, et l’acquisition de RLM Consulting, spécialisée dans les « regulatory affairs » en 2022 également, nous ne cessons de grandir. Nous prévoyons d’ailleurs d’ouvrir prochainement un bureau à Boston, afin de proposer nos technologies innovantes de l’autre côté de l’océan. 

 

In this section, we interviewed Kate Antrobus, the Chief Investment Officer at Univercells. Born in the UK, Kate studied at an impressive list of universities including the University of Oxford, Columbia University and LSE. She worked at JPMorgan Asset Management and at Lion’s Head, a UK-based investment bank with a focus on frontier and emerging markets. In 2019, Kate joined Univercells where she was appointed as CIO two years later. 

You have worked at several financial institutions prior to Univercells. What inspired your move to this fast-growing Belgian biotech company?
Kate Antrobus: In London I was working in healthcare investing – I met Univercells in 2015 about 5 years before I joined, because I was working with the Global Health Investment Fund, a health impact investing fund. Hugues, the co-Founder and CEO, pitched me and I told him that I loved the idea, but we were a scale up fund, not a venture fund, so to come back when they had some traction. They told me “In two years, we’ll be ready!”. Normally for entrepreneurs I would expect to double that… but two years later almost to the day, they were! The GHIF invested and remains a shareholder, and I moved on from the GHIF but loved the story and stayed in touch with Hugues. So then when Brexit happened, for various personal reasons I was looking to leave London and move to Europe. I wanted to move to Paris or Amsterdam, but I was convinced that Brussels was the perfect combination of the two! Univercells had grown beyond proof-of-concept; proof-of-technology; proof-of-business-model to figuring out how to grow and expand into new markets and engage with a different set of stakeholders. I call it corporate puberty, and it’s my favourite part of a company growth journey. After the big dreams and starry eyes of the start-up, and before the bureaucracy and politics of the grown up. I was convinced by the story of Univercells, by the vision but also by the experience of the founders and what I could learn from them. 

 

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